CRISPR est passé d'une curiosité bactérienne en 1987 à un Prix Nobel en 2020 en moins de 35 ans.
Cas9 (violet) chargé du sgRNA (vert) scanne l'ADN double brin (bleu/rouge), reconnaît le PAM (orange), déroule l'ADN et effectue la coupure double brin.
La protéine Cas9 (1368 aa chez S. pyogenes) adopte une conformation active lorsqu'elle charge un sgRNA. L'ARN guide adopte une structure en épingle à cheveux — la région 3' interagit avec Cas9, la région 5' (20 nt) est libre pour l'hybridation avec la cible.
Cas9 scanne l'ADN à la recherche d'un PAM (Protospacer Adjacent Motif) — séquence 5'-NGG-3' pour SpCas9. La reconnaissance du PAM est la première étape obligatoire : sans PAM, Cas9 ne se fixe pas. Le PAM protège également la bactérie de couper son propre ADN CRISPR (qui n'a pas de PAM en 3' du spacer).
Cas9 dénature localement la double hélice et le sgRNA envahit le brin complémentaire — on appelle cette structure une R-loop. L'hybridation se fait de manière directionnelle : du PAM vers l'intérieur (3'→5'). Si les 20 nt du guide s'apparient correctement : activation des domaines nucléases.
Cas9 possède deux domaines nucléases : RuvC (coupe le brin non-complémentaire) et HNH (coupe le brin complémentaire). Les deux coupures produisent une cassure double brin franche (blunt-end), 3 pb en amont du PAM. C'est ce DSB qui déclenche les mécanismes de réparation cellulaire.
Après un DSB, la cellule choisit principalement entre NHEJ (rapide, mutagène) et HDR (précis, nécessite une matrice). Les techniques de base editing et prime editing évitent le DSB complet.
Chaque vecteur présente un compromis différent entre capacité de charge, immunogénicité, efficacité et ciblage cellulaire.
CRISPR est passé du laboratoire à la clinique en moins de 10 ans — un record dans l'histoire des biotechnologies.