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Bac — Révision

Mathématiques Terminale

Polynômes · Dérivées · Suites · Trigonométrie · Probabilités · Exponentielle · Produit scalaire — avec exemples corrigés et quiz interactif.

Polynômes du second degré

Un polynôme du second degré s'écrit f(x) = ax² + bx + c avec a ≠ 0. Sa courbe est une parabole. Tout repose sur le discriminant Δ — c'est lui qui décide de tout.

Le discriminant Δ — la clé de tout
Formule fondamentale
Δ = b² − 4ac

Le discriminant est la première chose à calculer dès qu'on te donne un polynôme du second degré. Son signe te dit tout ce que tu as besoin de savoir sur les racines.

Valeur de ΔRacinesCe que ça veut dire
Δ > 02 racines distinctes x₁ et x₂La parabole coupe l'axe des x en deux points
Δ = 01 racine double x₀La parabole touche l'axe en un seul point
Δ < 0Aucune racine réelleLa parabole ne coupe jamais l'axe des x
Trouver les racines (si Δ ≥ 0)
Racines

Si Δ > 0, il y a deux racines :

x₁ = (−b − √Δ) / 2a     x₂ = (−b + √Δ) / 2a

Si Δ = 0, une seule racine double :

x₀ = −b / 2a

Astuce : les racines sont symétriques par rapport au sommet. Leur milieu vaut toujours x₀ = −b/2a.

Forme factorisée (si Δ ≥ 0) :

f(x) = a · (x − x₁)(x − x₂)
Sommet de la parabole — minimum ou maximum
Sommet
α = −b / 2a      β = f(α) = c − b²/4a

Le sommet est le point S(α ; β). C'est là que la fonction change de sens.

Signe de aType de sommetVariations
a > 0 (parabole ouverte en haut)Minimum en αDécroissante puis croissante
a < 0 (parabole ouverte en bas)Maximum en αCroissante puis décroissante
Exemple corrigé
Soit f(x) = 2x² − 8x + 6. Trouver Δ, les racines, le sommet et les variations.
1a=2, b=−8, c=6  →  Δ = (−8)² − 4·2·6 = 64 − 48 = 16
2Δ > 0 : deux racines. x₁ = (8−4)/4 = 1  |  x₂ = (8+4)/4 = 3
3Sommet : α = 8/4 = 2  |  β = f(2) = 8−16+6 = −2. Minimum en (2 ; −2)
4a > 0 → Décroissante sur ]−∞ ; 2] puis croissante sur [2 ; +∞[
Tableau de signes de f(x)
Signe

Le tableau de signes répond à la question : "pour quelles valeurs de x est-ce que f(x) est positive ou négative ?"

Méthode en 4 étapes :

1Calculer Δ et trouver les racines x₁ < x₂
2Placer x₁ et x₂ sur une droite
3f(x) a le signe de a en dehors des racines
4f(x) a le signe opposé à a entre les racines
Si a > 0 : f(x) > 0 sur ]−∞;x₁[ ∪ ]x₂;+∞[   et   f(x) < 0 sur ]x₁;x₂[
Dérivées & variations

La dérivée f′(x) mesure la vitesse de variation de f en chaque point. Son signe détermine si f monte ou descend. C'est le lien central entre l'algèbre et les courbes.

Taux d'accroissement — définition de la dérivée
Définition fondamentale

La dérivée de f en x₀ est la limite du taux d'accroissement quand h tend vers 0 :

f′(x₀) = limh→0 [f(x₀ + h) − f(x₀)] / h

C'est le coefficient directeur de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse x₀. Si cette limite existe et est finie, f est dite dérivable en x₀.

Interprétation géométrique : le taux d'accroissement est la pente de la sécante entre les points (x₀, f(x₀)) et (x₀+h, f(x₀+h)). Quand h → 0, la sécante devient la tangente.

Dérivées des fonctions usuelles
À connaître par cœur
f(x)f′(x)Condition
c (constante)0
xⁿn·xⁿ⁻¹n ∈ ℝ
√x1 / (2√x)x > 0
1/x−1 / x²x ≠ 0
ln(x)1/xx > 0
sin(x)cos(x)
cos(x)−sin(x)
Règles de calcul (ku, u+v, uv, 1/v, u/v, composée)
Opérations
(k · u)′ = k · u′    // ku : constante × fonction
(u + v)′ = u′ + v′
(u · v)′ = u′v + uv′    // formule produit
(1/v)′ = −v′ / v²    // inverse
(u/v)′ = (u′v − uv′) / v²    // formule quotient
(f∘g)′(x) = g′(x) · f′(g(x))    // composée

Cas courant : (uⁿ)′ = n·u′·uⁿ⁻¹ ·   et   (eᵘ)′ = u′·eᵘ ·   (ln(u))′ = u′/u

Dérivée → variations → extrema
Lien crucial
Signe de f′(x)f est…
f′(x) > 0 sur IStrictement croissante sur I
f′(x) < 0 sur IStrictement décroissante sur I
f′(x₀) = 0 et changement de signeExtremum local en x₀

Attention : f′(x₀)=0 ne suffit pas à conclure qu'il y a un extremum — il faut que f′ change de signe. Si elle ne change pas de signe, c'est un point d'inflexion.

Exemple corrigé
f(x) = x³ − 3x + 2. Trouver les extrema et le sens de variation.
1f′(x) = 3x² − 3 = 3(x² − 1) = 3(x−1)(x+1)
2f′(x) = 0  ⟹  x = −1 ou x = 1
3f′ > 0 sur ]−∞;−1[ et ]1;+∞[ → croissante  |  f′ < 0 sur ]−1;1[ → décroissante
4Maximum local en x=−1 : f(−1) = −1+3+2 = 4
5Minimum local en x=1 : f(1) = 1−3+2 = 0
Équation de la tangente en x₀
Tangente

La tangente à la courbe de f au point d'abscisse x₀ est la droite qui "frôle" la courbe en ce point. Sa pente est f′(x₀).

y = f′(x₀) · (x − x₀) + f(x₀)

En pratique : on calcule d'abord f(x₀) (ordonnée du point), puis f′(x₀) (pente), et on substitue dans la formule.

Exemple rapide
f(x) = x² − 3x. Équation de la tangente en x₀ = 2.
1f(2) = 4 − 6 = −2
2f′(x) = 2x − 3  →  f′(2) = 4 − 3 = 1 (pente)
3Tangente : y = 1·(x−2) + (−2) = x − 4
Suites arithmétiques, géométriques & auxiliaires

Une suite est une liste ordonnée de nombres. Les deux types au programme suivent une logique simple : on ajoute toujours la même chose (arithmétique) ou on multiplie toujours par la même chose (géométrique). Les suites auxiliaires permettent de traiter les cas mixtes.

Suite arithmétique — on ajoute r à chaque étape
Arithmétique

Définition : u(n+1) = uₙ + r, où r est la raison.

uₙ = u₀ + n·r    ou    uₙ = uₚ + (n−p)·r

Somme des termes consécutifs

S = (nombre de termes) × (premier terme + dernier terme) / 2

Exemple : Somme de u₁ à u₁₀ = 10 × (u₁ + u₁₀) / 2

Sens de variation : r > 0 → croissante · r < 0 → décroissante · r = 0 → constante

Exemple corrigé
Suite arithmétique : u₁ = 5, r = 3. Calculer u₁₀ et la somme u₁ + … + u₁₀.
1u₁₀ = u₁ + 9·r = 5 + 9·3 = 32
210 termes (de u₁ à u₁₀) : S = 10 × (5+32)/2 = 10 × 18,5 = 185
Suite géométrique — on multiplie par q à chaque étape
Géométrique

Définition : u(n+1) = uₙ · q, où q est la raison.

uₙ = u₀ · qⁿ    ou    uₙ = uₚ · qⁿ⁻ᵖ

Somme des termes (q ≠ 1)

S = u₀ · (1 − qⁿ⁺¹) / (1 − q)    // de u₀ à uₙ = n+1 termes

Moyen mnémotechnique : premier terme × (1 − q^(nb de termes)) / (1 − q)

Raison qSuite (si u₀ > 0)
q > 1Croissante, tend vers +∞
0 < q < 1Décroissante, tend vers 0
q = 1Constante
q < 0Alterne les signes
Exemple corrigé
u₁ = 3, q = 2. Calculer u₅ et S = u₁ + u₂ + u₃ + u₄ + u₅.
1u₅ = u₁ · q⁴ = 3 · 2⁴ = 3 · 16 = 48
25 termes de u₁ à u₅ : S = 3 · (1 − 2⁵)/(1 − 2) = 3 · (−31)/(−1) = 93
Reconnaître le type d'une suite — méthode
Méthode

Pour montrer qu'une suite est arithmétique : calculer u(n+1) − uₙ et montrer que c'est une constante r indépendante de n.

Pour montrer qu'une suite est géométrique : calculer u(n+1) / uₙ (si uₙ ≠ 0) et montrer que c'est une constante q indépendante de n.

u(n+1) − uₙ = r (constante) → arithmétique
u(n+1) / uₙ = q (constante) → géométrique
Suites auxiliaires — arithmético-géométriques
Suite auxiliaire

Certaines suites ne sont ni purement arithmétiques ni purement géométriques. La méthode de la suite auxiliaire permet de s'y ramener.

Situation type : u(n+1) = a·uₙ + b avec a ≠ 1 et a ≠ 0.

Méthode en 3 étapes :

1Chercher le point fixe ℓ tel que ℓ = a·ℓ + b, donc ℓ = b/(1−a)
2Définir la suite auxiliaire vₙ = uₙ − ℓ
3v(n+1) = a·vₙ : la suite vₙ est géométrique de raison a

On peut alors exprimer vₙ puis uₙ = vₙ + ℓ, et étudier la convergence.

Exemple corrigé
u₀ = 2 et u(n+1) = 0,5·uₙ + 3. Déterminer uₙ en fonction de n.
1Point fixe : ℓ = 0,5ℓ + 3 ⟹ 0,5ℓ = 3 ⟹ ℓ = 6
2vₙ = uₙ − 6. Alors v(n+1) = u(n+1) − 6 = 0,5uₙ + 3 − 6 = 0,5uₙ − 3 = 0,5(uₙ − 6) = 0,5·vₙ
3vₙ est géométrique de raison 0,5 et v₀ = 2 − 6 = −4. Donc vₙ = −4·(0,5)ⁿ
4uₙ = vₙ + 6 = 6 − 4·(0,5)ⁿ. Quand n→∞, uₙ → 6.
Trigonométrie

La trigonométrie repose sur le cercle unité (rayon 1). Tout angle y correspond à un point dont les coordonnées sont exactement (cos θ ; sin θ). Clique sur un angle pour voir ses valeurs.

1−11−1cossin
Angle : 0 → cos = 1 · sin = 0
Valeurs remarquables — le tableau à maîtriser
Cœur du cours
Angle0π/6π/4π/3π/2
cos1√3/2√2/21/20
sin01/2√2/2√3/21
tan01/√31√3

Astuce : sin(0→π/2) suit la suite √0/2, √1/2, √2/2, √3/2, √4/2. Et cos fait la même chose à l'envers.

Identités trigonométriques fondamentales
Identités
cos²(x) + sin²(x) = 1    // identité fondamentale
cos(−x) = cos(x)      // cos est une fonction paire
sin(−x) = −sin(x)     // sin est une fonction impaire
cos(x + 2π) = cos(x)    sin(x + 2π) = sin(x)    // 2π-périodicité
cos(π−x) = −cos(x)    sin(π−x) = sin(x)    // symétrie par rapport à π/2
cos(π+x) = −cos(x)    sin(π+x) = −sin(x)
Résoudre une équation trigonométrique
Méthode

Pour résoudre cos(x) = a ou sin(x) = a, on utilise le cercle trigonométrique et les symétries.

cos(x) = cos(α)  ⟺  x = α + 2kπ  ou  x = −α + 2kπ  (k ∈ ℤ)
sin(x) = sin(α)  ⟺  x = α + 2kπ  ou  x = π−α + 2kπ  (k ∈ ℤ)
Exemple
Résoudre cos(x) = 1/2 sur [0 ; 2π].
1cos(π/3) = 1/2, donc la solution de référence est α = π/3.
2Solutions générales : x = π/3 + 2kπ ou x = −π/3 + 2kπ
3Sur [0 ; 2π] : x = π/3 et x = 5π/3 (car −π/3 + 2π = 5π/3)
Probabilités

Les probabilités mesurent la chance qu'un événement se produise. La clé : toujours dessiner un arbre ou un tableau — ça évite 90% des erreurs.

Probabilité conditionnelle — P(B|A)
Conditionnel

P(B|A) se lit "la probabilité de B sachant que A est réalisé". On restreint l'univers aux cas où A se produit.

P(B|A) = P(A ∩ B) / P(A)    // si P(A) ≠ 0
P(A ∩ B) = P(A) × P(B|A)    // multiplication des probabilités

Indépendance : A et B sont indépendants si et seulement si P(A∩B) = P(A)·P(B), ce qui implique P(B|A) = P(B).

Exemple corrigé
Urne : 4 rouges, 6 bleues. On tire 2 boules sans remise. Probabilité que les 2 soient rouges ?
1P(R₁) = 4/10 = 2/5
2P(R₂|R₁) = 3/9 = 1/3  (il reste 3 rouges sur 9 boules)
3P(R₁ ∩ R₂) = 2/5 × 1/3 = 2/15 ≈ 0,133
Formule des probabilités totales
Probabilités totales

Si A₁, A₂, …, Aₙ forment une partition de l'univers (événements disjoints dont l'union fait tout), alors :

P(B) = P(B|A₁)·P(A₁) + P(B|A₂)·P(A₂) + … + P(B|Aₙ)·P(Aₙ)

Cas le plus fréquent au bac : partition en A et Ā :

P(B) = P(B|A)·P(A) + P(B|Ā)·P(Ā)

Méthode : dessine toujours l'arbre de probabilités. Les probabilités se multiplient sur une branche, se additionnent entre les branches qui mènent au même événement.

Variable aléatoire — espérance, variance, écart-type
Variable aléatoire

Une variable aléatoire X associe un nombre à chaque résultat d'une expérience aléatoire. On la résume par sa loi de probabilité : le tableau des valeurs xᵢ et de leurs probabilités P(X=xᵢ).

Espérance (= moyenne pondérée)

E(X) = Σ xᵢ · P(X = xᵢ)

Variance & écart-type

V(X) = E(X²) − [E(X)]²    // formule de König-Huygens
σ(X) = √V(X)    // écart-type = dispersion

Propriétés : E(aX+b) = a·E(X)+b · V(aX+b) = a²·V(X) · σ(aX+b) = |a|·σ(X)

Loi binomiale B(n, p)
Loi binomiale

Contexte : on répète n fois une épreuve de Bernoulli (succès avec probabilité p, échec avec 1−p). X = nombre de succès. X suit la loi B(n, p).

P(X = k) = C(n,k) · pᵏ · (1−p)ⁿ⁻ᵏ
C(n,k) = n! / [k! · (n−k)!]    // "k parmi n"
E(X) = n·p     V(X) = n·p·(1−p)
Exemple corrigé
On lance une pièce équilibrée 6 fois. X = nombre de piles. Calculer P(X=4) et E(X).
1X suit B(6 ; 0,5). C(6,4) = 6!/(4!·2!) = 15
2P(X=4) = 15 · (0,5)⁴ · (0,5)² = 15 · (1/64) = 15/64 ≈ 0,234
3E(X) = 6 × 0,5 = 3
Fonction exponentielle

La fonction exponentielle, notée exp(x) ou eˣ, est l'unique fonction égale à sa propre dérivée et valant 1 en 0. Elle est strictement positive et croissante sur ℝ. Elle est au cœur des modèles de croissance continue.

Propriétés fondamentales de eˣ
Propriétés
e⁰ = 1    e¹ = e ≈ 2,718    eˣ > 0 pour tout x ∈ ℝ
e^(a+b) = eᵃ · eᵇ     e^(a−b) = eᵃ / eᵇ
(eᵃ)ⁿ = e^(a·n)     e^(−x) = 1 / eˣ
PropriétéValeur
Dérivée(eˣ)′ = eˣ
Limite en +∞lim eˣ = +∞
Limite en −∞lim eˣ = 0⁺
VariationStrictement croissante sur ℝ
Fonction f(x) = e^(ax+b) — dérivée et variations
Forme e^(ax+b)

Par la règle de dérivation composée (eᵘ)′ = u′·eᵘ, avec u = ax+b :

f(x) = e^(ax+b)  →  f′(x) = a · e^(ax+b)

Comme e^(ax+b) est toujours strictement positif, le signe de f′ est celui de a :

Signe de aVariation de f
a > 0f strictement croissante sur ℝ
a < 0f strictement décroissante sur ℝ

Équation : e^(ax+b) = k ⟺ ax+b = ln(k) (pour k > 0).

Lien avec les suites géométriques
Lien suites-exponentielle

La suite géométrique uₙ = u₀ · qⁿ peut s'écrire sous forme exponentielle :

qⁿ = e^(n · ln(q))    // pour q > 0

Ainsi, une suite géométrique de raison q > 0 est une exponentielle discrète. Les phénomènes de croissance continue (population, radioactivité) se modélisent par des exponentielles.

Variation de qⁿ : si q > 1, qⁿ → +∞ (croissance exponentielle) ; si 0 < q < 1, qⁿ → 0 (décroissance exponentielle).

Exemple corrigé
Résoudre e^(2x−1) = 5.
1e^(2x−1) = 5  ⟺  2x−1 = ln(5)
22x = ln(5) + 1  ⟹  x = (ln(5) + 1)/2 ≈ (1,609 + 1)/2 ≈ 1,305
Dérivée de eᵘ — cas général
Dérivée composée
(eᵘ)′ = u′ · eᵘ

Exemples courants :

(e^(3x))′ = 3e^(3x)
(e^(−x))′ = −e^(−x)
(e^(x²))′ = 2x · e^(x²)

Tableau de variations : le signe de (eᵘ)′ est celui de u′, car eᵘ > 0 pour tout u réel. La fonction eᵘ a donc les mêmes variations que u.

Produit scalaire dans le plan

Le produit scalaire est une opération entre deux vecteurs qui donne un nombre réel. Il permet de calculer des angles, des longueurs, de caractériser l'orthogonalité, et de décrire des cercles et des droites.

Définition & bilinéarité du produit scalaire
Définition

Pour deux vecteurs u→ et v→ du plan, le produit scalaire se note u→ · v→ :

u→ · v→ = ||u→|| × ||v→|| × cos(θ)

où θ est l'angle entre u→ et v→. Si u→ = (x ; y) et v→ = (x′ ; y′), alors :

u→ · v→ = x·x′ + y·y′    // expression analytique

Bilinéarité : le produit scalaire est linéaire par rapport à chaque vecteur :

(u→ + v→) · w→ = u→·w→ + v→·w→
(k·u→) · v→ = k · (u→·v→)    // pour tout réel k

La bilinéarité permet de développer les produits scalaires comme des produits algébriques ordinaires.

Identités remarquables avec le produit scalaire
Identités

Grâce à la bilinéarité, on retrouve les mêmes formes qu'en algèbre :

||u→ + v→||² = ||u→||² + 2·u→·v→ + ||v→||²
||u→ − v→||² = ||u→||² − 2·u→·v→ + ||v→||²
(u→ + v→) · (u→ − v→) = ||u→||² − ||v→||²

Formule de polarisation : on peut retrouver le produit scalaire à partir des normes :

u→ · v→ = ½ (||u→+v→||² − ||u→||² − ||v→||²)
Projeté orthogonal & orthogonalité
Orthogonalité

Deux vecteurs u→ et v→ sont orthogonaux si et seulement si :

u→ · v→ = 0

Projeté orthogonal : le projeté orthogonal de v→ sur la droite dirigée par u→ (u→ ≠ 0→) est le vecteur :

v→_proj = (u→·v→ / ||u→||²) · u→

C'est le multiple de u→ le plus proche de v→. La différence v→ − v→_proj est orthogonale à u→.

Symétrie du produit scalaire
Symétrie

Le produit scalaire est symétrique (commutatif) :

u→ · v→ = v→ · u→

Cette propriété évidente sur la formule analytique (x·x′+y·y′ = x′·x+y·y′) est essentielle pour tous les développements. Elle découle aussi de la définition géométrique car cos(θ) = cos(−θ).

Formule d'Al-Kashi (Pythagore généralisé)
Al-Kashi

Pour un triangle ABC quelconque, avec a = BC, b = AC, c = AB et l'angle  en A :

a² = b² + c² − 2bc · cos(Â)

Démonstration : BC→ = BA→ + AC→. En élevant au carré scalaire :

||BC→||² = ||BA→ + AC→||² = ||BA→||² + ||AC→||² + 2·BA→·AC→

Or BA→·AC→ = c·b·cos(π−Â) = −bc·cos(Â), d'où a² = b² + c² − 2bc·cos(Â).

Cas particulier : si  = 90° (triangle rectangle), cos(90°)=0 et on retrouve a² = b² + c², le théorème de Pythagore.

Équation de cercle & milieu de segment
Cercle & milieu

Le cercle de centre Ω(x₀ ; y₀) et de rayon R a pour équation :

(x − x₀)² + (y − y₀)² = R²

Cette équation vient de ||MΩ→|| = R, soit (x−x₀)²+(y−y₀)² = R².

Milieu I de [AB] : les coordonnées du milieu sont :

I = ( (x_A + x_B)/2 ; (y_A + y_B)/2 )

Caractérisation : I est le milieu de [AB] si et seulement si IA→ + IB→ = 0→, ou encore pour tout point M : MA→ + MB→ = 2·MI→.

Diamètre : un point M est sur le cercle de diamètre [AB] si et seulement si MA→ · MB→ = 0 (triangle rectangle en M).

Équation cartésienne d'une droite & vecteur normal
Droite & vecteur normal

Une droite du plan peut être décrite par une équation cartésienne de la forme :

a·x + b·y + c = 0    // avec (a ; b) ≠ (0 ; 0)

Le vecteur n→ = (a ; b) est un vecteur normal à la droite : il est orthogonal à tout vecteur directeur de la droite.

Lien avec le produit scalaire : un point M(x ; y) appartient à la droite passant par A et de vecteur normal n→ si et seulement si :

AM→ · n→ = 0  ⟺  a·(x−x_A) + b·(y−y_A) = 0

En développant, on retrouve la forme a·x + b·y + c = 0 avec c = −a·x_A − b·y_A.

Exemple corrigé
Déterminer l'équation cartésienne de la droite passant par A(2 ; 1) et de vecteur normal n→ = (3 ; −1).
1AM→ · n→ = 0 ⟺ 3·(x−2) + (−1)·(y−1) = 0
23x − 6 − y + 1 = 0 ⟺ 3x − y − 5 = 0
Équation réduite, parallélisme & orthogonalité de droites
Parallélisme & orthogonalité

L'équation réduite d'une droite non verticale s'écrit :

y = m·x + p    // m = coefficient directeur, p = ordonnée à l'origine

À partir de l'équation cartésienne a·x + b·y + c = 0 (avec b ≠ 0), on obtient :

m = −a / b     p = −c / b

Parallélisme : deux droites sont parallèles si leurs coefficients directeurs sont égaux (m = m′) ou, en cartésien, si leurs vecteurs normaux sont colinéaires.

Orthogonalité : deux droites d'équations a·x+b·y+c=0 et a′·x+b′·y+c′=0 sont perpendiculaires si :

a·a′ + b·b′ = 0    // produit scalaire des vecteurs normaux nul

Avec les coefficients directeurs m et m′ : deux droites sont perpendiculaires si m · m′ = −1 (pour des droites non verticales).

Exemple rapide
Soit (d) : 2x − 3y + 1 = 0. Donner un vecteur normal et le coefficient directeur de (d). Une droite (d′) d'équation 3x + 2y − 5 = 0 est-elle perpendiculaire à (d) ?
1Vecteur normal de (d) : n→ = (2 ; −3). Coefficient directeur : m = −a/b = −2/(−3) = 2/3
2Vecteur normal de (d′) : n′→ = (3 ; 2). n→·n′→ = 2×3 + (−3)×2 = 6 − 6 = 0
3Le produit scalaire des normaux est nul, donc (d) et (d′) sont perpendiculaires. Vérification avec les coefficients directeurs : m′ = −3/2 et m·m′ = (2/3)×(−3/2) = −1 ✓
Résumé visuel — produit scalaire
Synthèse
NotionFormule / Condition
Analytiqueu→·v→ = x·x′ + y·y′
Géométriqueu→·v→ = ||u→||·||v→||·cos(θ)
Orthogonalitéu→·v→ = 0
Projeté orthogonalv→_proj = (u→·v→/||u→||²)·u→
Al-Kashia² = b² + c² − 2bc·cos(Â)
Cercle(x−x₀)² + (y−y₀)² = R²
Milieu de [AB]I = ((x_A+x_B)/2 ; (y_A+y_B)/2)
Droite (cartésienne)a·x + b·y + c = 0, vecteur normal n→=(a;b)
Droite (réduite)y = m·x + p, m = −a/b
⊥ droitesa·a′ + b·b′ = 0 ou m·m′ = −1
Synthèse — l'essentiel à retenir
Polynômes — Tout repose sur Δ = b²−4ac. Il donne le nombre de racines, qui permettent la factorisation a(x−x₁)(x−x₂). Le sommet α = −b/2a donne les extrema et le sens de variation. Signe de f : toujours le signe de a, sauf entre les racines.
Dérivées — f′(x₀) = lim [f(x₀+h)−f(x₀)]/h (taux d'accroissement). f′(x) > 0 → f croissante · f′(x) < 0 → f décroissante · f′(x₀) = 0 avec changement de signe → extremum. Tangente en x₀ : y = f′(x₀)(x−x₀) + f(x₀). Règles : ku, u+v, uv, 1/v, u/v, composée.
Suites — Arithmétique : +r, uₙ = u₀ + nr, somme = nb termes × (premier+dernier)/2. Géométrique : ×q, uₙ = u₀·qⁿ, somme = premier terme × (1−qⁿ)/(1−q). Suite auxiliaire : vₙ = uₙ − ℓ avec ℓ point fixe, vₙ géométrique.
Trigonométrie — Cercle unité : point (cos θ ; sin θ). cos²+sin²=1. Valeurs clés : (0, π/6, π/4, π/3, π/2). Les symétries du cercle permettent de ramener tout angle à un angle de [0;π/2]. Équations : cos(x)=cos(α) → x=±α+2kπ.
Probabilités — P(B|A) = P(A∩B)/P(A). Formule totale : P(B) = P(B|A)·P(A) + P(B|Ā)·P(Ā). E(X) = Σ xᵢ·P(X=xᵢ). Loi B(n,p) : P(X=k) = C(n,k)·pᵏ·(1−p)ⁿ⁻ᵏ, E=np, V=np(1−p). Toujours faire un arbre !
Exponentielle — (eˣ)′ = eˣ, eˣ > 0, strictement croissante. e^(a+b)=eᵃ·eᵇ. f(x)=e^(ax+b) : f′ = a·e^(ax+b), signe de f′ = signe de a. Lien suites géométriques : qⁿ = e^(n·ln(q)). Équation e^(ax+b)=k ⟺ ax+b=ln(k).
Produit scalaire — u→·v→ = x·x′+y·y′ = ||u→||·||v→||·cos(θ). Bilinéarité et symétrie. Orthogonalité : u→·v→ = 0. Identités : ||u→+v→||² = ||u→||²+2u→·v→+||v→||². Al-Kashi : a²=b²+c²−2bc·cos(Â). Droite : a·x+b·y+c=0, vecteur normal n→=(a;b). Droites ⊥ : a·a′+b·b′=0.
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